Ok! Me voila de retour à Genève avec la lourde
responsabilité de remplacer nos chers écrivains
voyageurs habituels. Je vais donc tâcher demployer au
mieux les pouvoirs qui mont été octroyés afin de vous
donner un aperçu on ne peut plus impartial de notre
séjour à Flores.
Yann vous avait laissé à Maumere, la petite capitale
de Flores, chaude, sale et pleine d'eaux stagnantes
-moustiques, malaria, parano! sympa!- partant pour
Paga, une petite plage vers laquelle s'envolaient haut
nos espoirs.
Sables blancs, jardins marins, poisson frais... Le
bout du monde oui! Toutefois cétait quand même un
bon endroit pour nous reposer et nous sentir très
aventuriers, au milieu d'un coin perdu. Mais un soir
et pas davantage.
Le lendemain nous sommes partis pour Moni, le Lieu de
passage rituel de Flores, point de départ pour aller à
Kelimutu! Un ancien volcan avec trois cratères
remplis par des lacs de couleurs différentes (bleu
turquoise, brun et noir) considéré comme un lieu sacré
par les autochtones. C'est effectivement très beau: un
paysage légèrement lunaire et une flore très
intéressante.
Mais ce n'est pas le seul attrait de Moni. Le village
est au centre de la région Nggada où nous avons aussi
pu visiter un beau village traditionnel Nggela:
grandes maisons en bambous sur pilotis, toits en
chaume et Ikat à profusion. Nous nous sommes
fait plaisir, même si après nous avons trouvé de plus
beaux sarongs sur le chemin du retour à Moni. Nous y
sommes allé à moto et nous avions fière allure.
Pour nous reposer nous pouvions compter sur des
sources thermales situées non loin du village dans un
décor splendide de montagnes, foret vierge et
rizières en terrasse. Généralement, nous y étions
rejoints par un bon nombre de mômes et aussi par
certains adultes de la région qui en profitaient pour
prendre un bain chaud.
Après trois courtes journées bien remplies, nous avons
reprit la route en direction de Bajawa. C'est un
village de montagne assez grand, servant de point de
rencontre ainsi que de marché pour les autres, plus
petits, villages aux alentours. Enhardis par notre
expérience précédente, nous avons décidé d'aller
visiter un autre village traditionnel, Bena, en moto,
bien qu'on nous ait averti que la route ne serait
peut-être pas très bonne... En résumé il y a une très
grande différence entre une piste et une route et nous
l'avons appris à nos dépens. Nous sommes quand même
arrivés jusqu'au village -c'est qu'on est pas des
rigolos- mais trempés jusqu'à l'os et deux heures plus
tard que prévu. Nullement découragés par cette épreuve
ou par l'état impraticable de la route, nous avons
décidé d'aller encore plus loin visiter un autre
village. Nous n'y arrivâmes jamais et ayant fait
demi-tour, sur le chemin du retour, une des deux motos
est tombée en panne. Deux fois. Nous avons un peu
paniqué et beaucoup galéré. Surtout Yann qui, tel
Sisyphe, poussait la moto en haut de la montagne sur
quelques dizaines de mètres pour redescendre ensuite
assis sur la bécane en essayant de la faire
redémarrer. Un jeune apprenti meccano qui nous croisa
perdus et désemparés fur notre sauveur. Finalement,
nous sommes rentrés à l'hôtel, épuisés, une fois la
nuit tombée. Le lendemain avec Yann nous avons
escaladé le plus récent volcan de Flores. Ça en a valu
la peine : des paysages magnifiques tout autour de
nous, de l'air frais et dans la zone proche du
cratère, un bel air de désolation. Argiles, arbres
calcinés, cendres et odeur de souffre. Le soir, j'ai
eu un peu de fièvre mais le lendemain elle avait
disparu. Le moment était venu d'aller à Ruteng, la
dernière étape de montagne avant de redescendre sur la
mer.
Ruteng est bien haut perché sur les montagnes, et
pendant que nous y avons séjourné, froid et humide.
Nous ny avons pas eu de chance avec la météo, alors
nous n'avons pas fait grand chose. Apparemment il y a
beaucoup de belles excursions à faire autour de Ruteng
mais elles sont pas faciles. La région des Manggarai
garde bien ses secrets! (C'est dans cette région
qu'ont été récemment découverts les fossiles de Homo
Floresiensis, une espèce d'hominidé diminutif qui
vécût à Flores il y à 15000 ans). Nous y avons dormi
deux nuits, fêté l'anniversaire d'Andrea dans le luxe
et l'opulence puis sommes partis pour Labuan Bajo. Les
sirènes nous appelaient.
Labuan Bajo est un petit village de pêcheurs très joli
et finalement l'endroit le plus touristique de Flores
à cause des nombreux clubs de plongée, de la proximité
avec le parc naturel de Komodo, et probablement aussi
d'un aéroport. Nous y avons dormi dans un chouette
hôtel qui avait des airs de bateau et donnait sur le
port, mais seulement le temps de régler quelques
affaires car, au large, des grandes aventures nous
attendaient. Nous avions rendez vous avec deux des
géants de ce monde: les dragons de Komodo et les raies
manta. Et excusez notre manque de modestie, les deux
le même jour! Hah!
Nous marchâmes parmi les dragons et nageâmes parmi les
raies puis nous sommes parti sur Seraya une belle île
qui cette fois se révéla être à la hauteur de nos
espérances, c'est-à-dire: sable blanc et jardins
marins! Nous y avons fait autant de snorkeling que
possible, barracudas, rascasses, raies léopard,
tortues, requins, muraines, oursins, poissons
perroquets et
plein de petites familles de « némo ».
Des langoustes aussi. Hmm! Avec Yann on essaya tant
bien que mal de les chasser, mais en cette occasion la
bête s'est révélée supérieure à l'homme et en fin de
compte les langoustes on ne les mangea qu'avec les
yeux!
Ah oui j'oubliais. Sur cette belle petite île qu'est
Seraya, un type avec un drôle de sens de l'humour a
installé un couple de "chevreuils" locaux. Ce sont des
animaux très charmants, mais le mâle, tout
testostéronné qu'il était, se faisait un devoir de
rappeler à toute personne foulant le sol de son île
qu'il y était le maître
C'est chouette ! Lire et se
faire charger, jouer aux échecs et se faire charger,
bronzer et se faire charger, se faire charger tout
court... A la fin de notre sejour il avait quand même
fini par comprendre qui étaient les véritables maîtres
moua ha ha ha ha!
Avant de conclure un petit mot sur les autochtones. Le
peuple de Flores est très sympa. Ils sont très
amicaux, généralement souriants et parlent en
chantant. Ils pourraient devenir un peu envahissants
parfois mais en général ils sarrêtent avant. Ils sont
catholiques et très croyants, passé colonial portugais
oblige mais ils ont quand même gardé quelques
traditions animistes. Ainsi ils enterrent toujours
leurs proches dans leur jardin (dans les villages
traditionnels les tombes, mégalitihiques, sont au
centre du village) afin de pouvoir communiquer avec
eux plus facilement. Ils coupent un bout de la queue
des chats et chiens puis lenterrent sous la maison
pour que lanimal en question y revienne toujours. Ça
ne les empêchera pas de manger un bon toutou pour une
fête. Dans la plupart des villages, les gens
shabillent toujours en sarong même si la majorité des
femmes a adopté la blouse ou le t-shirt pour la haut
et les vieux ont un sourire rouge et édenté à cause du
bétel quils mâchent goulûment.
Finalement le matin du 2 avril à 8h30 du matin j'ai du
abandonner Seraya et les deux loustics. Ce fut un
moment de grande solitude
J'ai passé quelques jours à
Bali, Kuta, Ubud, avant de prendre l'avion pour
Genève. Je vais pas m'étaler la dessus. Un mot de Yann
et Andréa suffit: "le playground des touristes". Mais
au moins on y mange bien.
Et voilà! Les voyageurs amoureux sont partis à la
poursuite du danger sur Sumba! L'île aux cannibales
chasseurs de têtes. Mais ça
c'est leur histoire!
Bises
Simon